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L'héritage industrielle qui t'épuise.

7 mai
3 min de lecture

Taylorisme, Fordisme, Toyotisme, 3 modèles que tu ne connais sûrement pas, et qui pourtant sont à la racine même de ton épuisement, que tu sois auto-entrepreneur, dirigeant de TPE, ou encore salarié.


Pourquoi ? Car ces trois modèles ont envahi l'industrie mais aussi ta vie quotidienne sans que tu t'en rendes compte.



Un seul mot d'ordre :


Efficacité

"Produire le maximum de résultats avec le minimum d'effort." Dictionnaire le robert.

Et dans tout ça, pas de place pour l'humain.



La naissance du taylorisme


ou plutôt l'organisation scientifique du travail (OST). L'ingénieur américain Frederick Winslow Taylor, après avoir constaté une flânerie systématique des ouvriers, se décide à expérimenter une nouvelle méthode directement sur le terrain.


À la recherche du "one best way".

L'idée consiste à découper le travail en tâches distinctives, éliminer les tâches inutiles, chronométrer chaque opération pour définir quelle est la meilleure façon de réaliser une tâche.


Cette méthode repose sur deux piliers :

  • Une double division du travail : verticale (séparation entre la conception par les ingénieurs et l'exécution par les ouvriers) et horizontale (découpe des tâches).

  • Un salaire au rendement pour motiver les ouvriers.


Le fordisme, héritage direct du taylorisme.

Henry Ford, industriel américain, s'inspire du taylorisme pour standardiser le travail et révolutionne le monde de l'industrie.


Bienvenue dans le travail à la chaîne.

Plus besoin de réfléchir, tout est standardisé à l'extrême. Plus besoin de bouger, le produit se déplace de lui-même sur un tapis.


L'un des plus gros turnovers du monde de l'industrie voit le jour, 520 000 personnes embauchées pour maintenir un effectif de 14 000 personnes. Le travail à la chaîne épuise, mais les salaires augmentent.


Le passage au post-taylorisme et la naissance du toyotisme.


C'est dans le Japon d'après-guerre que le modèle Toyota, ou le lean management, voit le jour, créé par l'ingénieur Taiichi Ohno.


Optimiser pour produire juste à temps.

Le toyotisme ne crée plus la demande, il y répond, on diminue les stocks, on utilise "juste" ce dont on a besoin, avec "juste" le temps qu'il faut à disposition. On produit "juste" ce qui est vendu. C'est ce qu'on appelle le flux tendu.


Les employés sont mis à contribution, on les sollicite pour améliorer en continu (le modèle KAIZEN).


Objectif : Zéro défaut, zéro papier, zéro panne, zéro stock, zéro délai.


Et maintenant, en 2026 ?

L'héritage de Taylor, Ford ou de Toyota est loin de s'être arrêté aux portes de nos usines. Il s'est étendu bien au-delà et s'est immiscé dans bien des domaines de nos vies.


Pour les dirigeants : L'obsession du one best way.

  • La confiance se fait de moins en moins, et le contrôle de plus en plus. KPI, rapports et réunions incessantes.

  • Le management par le stress, sans stock, ni coussins de sécurité, le moindre dysfonctionnement, panne, retard de livraison engendre un stress intériorisé et une fatigue nerveuse immédiate.


Pour les entrepreneurs : L'illusion de liberté et la vie-PME

  • L'auto-exploitation, la vie de l'entrepreneur devient à elle seule une PME. On s'applique des principes d'économie de temps, d'argent, de coûts, en permanence.

  • La dépossession des métiers, la standardisation des processus et des algorithmes, a fini par vider le travail de sa créativité, l'entrepreneur devient un exécutant caché derrière un semblant d'indépendance.


Et dans notre vie personnelle : L'exportation du taylorisme dans notre vie privée.

  • Avec le numérique et le télétravail, la maison est devenue un bureau, le temps libre une formation continue ou une veille stratégique.

  • La sagesse et le repos ne sont plus au centre de notre vie privée mais plutôt à l'amélioration de nos propres performances, notre alimentation, nos lectures, nos marches sont devenues des KPI à quantifier.


Du coup, on devrait tout jeter ?


Une rupture totale serait difficile, voire impossible car cela remettrait en question une organisation globale, qui mine de rien a eu son lot de bénéfices. Et l'héritage du taylorisme sera toujours présent.


Rompre avec la déshumanisation et le contrôle excessif serait un premier pas mais aussi prouver que bien-être et productivité ne sont pas incompatibles.


Maintenant, que tu connais cet héritage industriel qui épuise, qu'est-ce qui te paraît le plus flagrant dans ta vie d'aujourd'hui ?


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